Les élections de la honte
Il serait dans tous les pays une bonne nouvelle de tenir des élections législatives et municipales sensées apportées du sang neuf et un nouvel élan démocratique. Mais ces vérités d'ailleurs sont toujours mises à mal dans notre triangle national qu'est le Cameroun. Pour nous, c'est toujours une occasion de voir encore dans quel gouffre nous sommes, dans quelle hypocrisie nous baignons, de voir encore le chemin presque insurmontable qui nous reste à parcourir pour espérer être un pays normal, qui propose à ces citoyens et citoyennes une vie normale.
Le Cameroun, il est toujours bon de le signaler, est un pays d'hommes et de femmes fiers. C'est ce qui poussa, ceux qui nous ont précédé sur cette terre à aller au devant risquer leur vie pour l'indépendance de ce beau pays, au lieu d'attendre qu'on la leur octroya comme un cadeau de noël par un père noël à la peau blanche et le fusil à la main.
Les différents pouvoir néocoloniaux qui se sont succéder tour à tour à Yaoundé, chacun au moins pendant un quart de siècle ont souvent considéré que ce peuple qui jadis se leva avec bravoure et honneur, comme des grands enfants qu'on devaient materner. Cette pratique a créée elle-même, le terreau sur lequel a grandi la corruption, le favoritisme, le clientélisme, le manque d'amour et de conscience de l'intérêt général et collectif qui sont autant de maux qui coulent presque dans les veines du sang de cette jeune nation.
Il est de coutume, que la nation soit le creuset qui permet à une collectivité d'hommes vivant sur le même territoire de désirer et de concourir vers un même destin dans lequel ils sont solidaire et qu'ils souhaitent le meilleur du monde pour eux et pour les générations qui viendront sur la même terre. Mais lorsque, une clique de personne, se met à l'idée de confisquer tous les pouvoirs et tous les biens d'une nation, naît alors des destins différents, des objectifs différents, et une guerre de clans qui fait éclater l'idée même de nation. Lorsque tout cela, est doublée par la coexistence de plusieurs centaines de groupes ethniques, qui vont dans un sens constituer autant de micro nations, on est pas loin de la guerre civile, où de la disparition à l'échelle de quelques génération de cette construction nationale qui s'avère finalement fragile et non viable.
Le régime actuel de Yaoundé, le régime de monsieur Biya, nous posent un certain nombre de problèmes. Problèmes à la fois existentialistes et d'honnêteté quoi qu'il en soit. Il s'agit, en voyant la manière autocratique et exclusive par laquelle la toute puissance du pouvoir est exercée à Yaoundé, d'avoir à se positionner de manière juste et sans démission face au désir de survivre à tout pris, de la plus part des jeunes dans ce pays qui va très mal.
Rester objectif, avoir en tête que le changement collectif, sera seul en mesure de créer des conditions même pour un épanouissement individuel et un avenir prometteur pour les familles camerounaises. Mais aussi répondre et prendre position, face au désir urgent, pressent et présent qu'ont les jeunes de ne pas mourir et de pouvoir trouver une position même fragile dans un pays où règne la léthargie collective. Notre position, la mienne en tout cas, est qu'il faudra une pause dans les urgences individuelles pour prendre en main maintenant le destin à l'échelle nationale. L'urgence est nationale, elle doit trouver solution maintenant, la nation devrait retrouver le sens du sacrifice qu'elle a toujours eu dans les moments où se jouait son histoire, lors des indépendances par exemple pour rompre avec son coma actuel. Après des années de misères, de baisses de salaires, de misère effroyable, de mort et de tortures, de manques d'oxygène et libertés, d'avenir bloqués et de passé renié, le peuple camerounais a perdu tout espoir en lui-même. Le peuple camerounais ne croit plus qu'il peut être l'acteur et l'auteur de son changement de son destin. La jeunesse de ce pays, est plus occupée à voir comment elle peut magouiller pour réussir à un concours d'entrée à la police ou à l'ENAM, ou à une écurie administrative, pour gagner un salaire de misère, qui a au moins le mérite d'éviter une mort certaine à toute sa famille qui a souvent mis toute sa « fortune » pour vous envoyé faire des études. La corruption, le pouvoir injuste, l'avènement de la démocratie, la création des emplois, la justice sociale, la solidarité nationale, la lutte contre les inégalités, la reconstruction de l'idéal national semble alors être des préoccupations qui relève à la marche des hommes sur la lune.
Pourtant, le seul chantier, le seul qui vaille la peine d'être mener, c'est celui là, celui des combats collectifs à l'état nationale pour faire émerger une volonté populaire capable de briser la malice des puissants qui nous gouvernent injustement à continuer leur œuvre de destruction. Le devoir de tous les patriotes, porteur de ce nouveau « patriotisme » dont parle sans y croire monsieur Biya.
Des élections telles que celles du 22 Juillet peuvent alors, dans un pays normal représentés des avancées majeurs pour un peuple comme le nôtre, chez nous, pays où rien n'est jamais fait comme ailleurs, pays où se contente de la médiocrité, pays où un matérialisme ringard et pervers règne, on a toujours le résultat contraire. Après des illusions de démocratie retrouvée dans les années 1991, 1992, avec une élection présidentielle restée gravée dans les mémoires, où des observateurs déclarent que monsieur Biya les auraient perdu face à John FRU NDI.
Les élections du 22 Juillet 2007, disais-je donc, marquent une reculade, un retour vers le parti unique et les pratiques du passé. Les cooptations, les désignations dans des chambres noires, les élections qu'on refait dans des bureaux de préfets, des conseillés municipaux qu'on paye à coup de millions pour désigner des maires impopulaires, malfaisants, malhonnêtes et corrompu, ayant choisi le parti de lutter contre le peuple qu'ils ont sensé représenter. Au Cameroun, c'est le peuple qui est désormais impopulaire. Le président sortant de l'assemblée nationale s'est illustré en proposant de l'argent à tous les scrutateurs, sous préfets et préfets dans les régions desquelles le parti au pouvoir obtiendrait de bon résultats. On voit le président Biya, le jour même de l'élection nous demander encore des majorités large et stable, quelle moquerie, quelle histoire, quelle honte, quand on sait que depuis le 06 novembre 1982, l'homme de MVOMEKA'A, soit 26 ans sans partage, préside au destin de ce pays. La question qu'on se pose c'est préside t-il contre ou pour le peuple. Il y a au moins deux réponses qui à ce jour semblent s'imposer, il ne préside pas avec le peuple et préside contre le peuple. Les majorités large et soumises qu'il a eu pendant plus d'un quart de siècle ont conduit le Cameroun en enfer, vers la régression sur tous les plans.
Ces élections nous enseignent une choses, que tous les républicains et patriotes devraient méditer, c'en est fini avec l'espoir que les élections au Cameroun peuvent être un moyen d'alternance, on craint même qu'avec l'éviction complète des partis d'opposition, la constitution ne soit changée pour permettre à Monsieur Biya de rempiler encore, au grand dam du peuple pour 7 ans.
Il appartient au peuple camerounais maintenant, de se charger de son destin, de choisir sa direction, son chemin et son avenir. Frantz Fanon disait, « chaque génération, découvre sa mission, choisit de l'accomplir ou de trahir ». C'est à ce point que nous nous trouvons, tous les enfants de ce pays, intellectuels et paysans, analphabètes et érudits, démocrates et spectateurs, bref, tous fils et filles du Cameroun, levons nous et prenons notre destin en main. Montrons aux dirigeants politiques et militaires que l'avenir du pays, c'est nous en déciderons, montrons que dans chaque peuple naît toujours un instant de révolte, un moment où rien ne peut plus être comme avant, où même toutes les foudres du ciel ne peuvent nous empêcher de marcher vers notre destin et celui de nos enfants.
Pierre Armand BIKELE
Il serait dans tous les pays une bonne nouvelle de tenir des élections législatives et municipales sensées apportées du sang neuf et un nouvel élan démocratique. Mais ces vérités d'ailleurs sont toujours mises à mal dans notre triangle national qu'est le Cameroun. Pour nous, c'est toujours une occasion de voir encore dans quel gouffre nous sommes, dans quelle hypocrisie nous baignons, de voir encore le chemin presque insurmontable qui nous reste à parcourir pour espérer être un pays normal, qui propose à ces citoyens et citoyennes une vie normale.
Le Cameroun, il est toujours bon de le signaler, est un pays d'hommes et de femmes fiers. C'est ce qui poussa, ceux qui nous ont précédé sur cette terre à aller au devant risquer leur vie pour l'indépendance de ce beau pays, au lieu d'attendre qu'on la leur octroya comme un cadeau de noël par un père noël à la peau blanche et le fusil à la main.
Les différents pouvoir néocoloniaux qui se sont succéder tour à tour à Yaoundé, chacun au moins pendant un quart de siècle ont souvent considéré que ce peuple qui jadis se leva avec bravoure et honneur, comme des grands enfants qu'on devaient materner. Cette pratique a créée elle-même, le terreau sur lequel a grandi la corruption, le favoritisme, le clientélisme, le manque d'amour et de conscience de l'intérêt général et collectif qui sont autant de maux qui coulent presque dans les veines du sang de cette jeune nation.
Il est de coutume, que la nation soit le creuset qui permet à une collectivité d'hommes vivant sur le même territoire de désirer et de concourir vers un même destin dans lequel ils sont solidaire et qu'ils souhaitent le meilleur du monde pour eux et pour les générations qui viendront sur la même terre. Mais lorsque, une clique de personne, se met à l'idée de confisquer tous les pouvoirs et tous les biens d'une nation, naît alors des destins différents, des objectifs différents, et une guerre de clans qui fait éclater l'idée même de nation. Lorsque tout cela, est doublée par la coexistence de plusieurs centaines de groupes ethniques, qui vont dans un sens constituer autant de micro nations, on est pas loin de la guerre civile, où de la disparition à l'échelle de quelques génération de cette construction nationale qui s'avère finalement fragile et non viable.
Le régime actuel de Yaoundé, le régime de monsieur Biya, nous posent un certain nombre de problèmes. Problèmes à la fois existentialistes et d'honnêteté quoi qu'il en soit. Il s'agit, en voyant la manière autocratique et exclusive par laquelle la toute puissance du pouvoir est exercée à Yaoundé, d'avoir à se positionner de manière juste et sans démission face au désir de survivre à tout pris, de la plus part des jeunes dans ce pays qui va très mal.
Rester objectif, avoir en tête que le changement collectif, sera seul en mesure de créer des conditions même pour un épanouissement individuel et un avenir prometteur pour les familles camerounaises. Mais aussi répondre et prendre position, face au désir urgent, pressent et présent qu'ont les jeunes de ne pas mourir et de pouvoir trouver une position même fragile dans un pays où règne la léthargie collective. Notre position, la mienne en tout cas, est qu'il faudra une pause dans les urgences individuelles pour prendre en main maintenant le destin à l'échelle nationale. L'urgence est nationale, elle doit trouver solution maintenant, la nation devrait retrouver le sens du sacrifice qu'elle a toujours eu dans les moments où se jouait son histoire, lors des indépendances par exemple pour rompre avec son coma actuel. Après des années de misères, de baisses de salaires, de misère effroyable, de mort et de tortures, de manques d'oxygène et libertés, d'avenir bloqués et de passé renié, le peuple camerounais a perdu tout espoir en lui-même. Le peuple camerounais ne croit plus qu'il peut être l'acteur et l'auteur de son changement de son destin. La jeunesse de ce pays, est plus occupée à voir comment elle peut magouiller pour réussir à un concours d'entrée à la police ou à l'ENAM, ou à une écurie administrative, pour gagner un salaire de misère, qui a au moins le mérite d'éviter une mort certaine à toute sa famille qui a souvent mis toute sa « fortune » pour vous envoyé faire des études. La corruption, le pouvoir injuste, l'avènement de la démocratie, la création des emplois, la justice sociale, la solidarité nationale, la lutte contre les inégalités, la reconstruction de l'idéal national semble alors être des préoccupations qui relève à la marche des hommes sur la lune.
Pourtant, le seul chantier, le seul qui vaille la peine d'être mener, c'est celui là, celui des combats collectifs à l'état nationale pour faire émerger une volonté populaire capable de briser la malice des puissants qui nous gouvernent injustement à continuer leur œuvre de destruction. Le devoir de tous les patriotes, porteur de ce nouveau « patriotisme » dont parle sans y croire monsieur Biya.
Des élections telles que celles du 22 Juillet peuvent alors, dans un pays normal représentés des avancées majeurs pour un peuple comme le nôtre, chez nous, pays où rien n'est jamais fait comme ailleurs, pays où se contente de la médiocrité, pays où un matérialisme ringard et pervers règne, on a toujours le résultat contraire. Après des illusions de démocratie retrouvée dans les années 1991, 1992, avec une élection présidentielle restée gravée dans les mémoires, où des observateurs déclarent que monsieur Biya les auraient perdu face à John FRU NDI.
Les élections du 22 Juillet 2007, disais-je donc, marquent une reculade, un retour vers le parti unique et les pratiques du passé. Les cooptations, les désignations dans des chambres noires, les élections qu'on refait dans des bureaux de préfets, des conseillés municipaux qu'on paye à coup de millions pour désigner des maires impopulaires, malfaisants, malhonnêtes et corrompu, ayant choisi le parti de lutter contre le peuple qu'ils ont sensé représenter. Au Cameroun, c'est le peuple qui est désormais impopulaire. Le président sortant de l'assemblée nationale s'est illustré en proposant de l'argent à tous les scrutateurs, sous préfets et préfets dans les régions desquelles le parti au pouvoir obtiendrait de bon résultats. On voit le président Biya, le jour même de l'élection nous demander encore des majorités large et stable, quelle moquerie, quelle histoire, quelle honte, quand on sait que depuis le 06 novembre 1982, l'homme de MVOMEKA'A, soit 26 ans sans partage, préside au destin de ce pays. La question qu'on se pose c'est préside t-il contre ou pour le peuple. Il y a au moins deux réponses qui à ce jour semblent s'imposer, il ne préside pas avec le peuple et préside contre le peuple. Les majorités large et soumises qu'il a eu pendant plus d'un quart de siècle ont conduit le Cameroun en enfer, vers la régression sur tous les plans.
Ces élections nous enseignent une choses, que tous les républicains et patriotes devraient méditer, c'en est fini avec l'espoir que les élections au Cameroun peuvent être un moyen d'alternance, on craint même qu'avec l'éviction complète des partis d'opposition, la constitution ne soit changée pour permettre à Monsieur Biya de rempiler encore, au grand dam du peuple pour 7 ans.
Il appartient au peuple camerounais maintenant, de se charger de son destin, de choisir sa direction, son chemin et son avenir. Frantz Fanon disait, « chaque génération, découvre sa mission, choisit de l'accomplir ou de trahir ». C'est à ce point que nous nous trouvons, tous les enfants de ce pays, intellectuels et paysans, analphabètes et érudits, démocrates et spectateurs, bref, tous fils et filles du Cameroun, levons nous et prenons notre destin en main. Montrons aux dirigeants politiques et militaires que l'avenir du pays, c'est nous en déciderons, montrons que dans chaque peuple naît toujours un instant de révolte, un moment où rien ne peut plus être comme avant, où même toutes les foudres du ciel ne peuvent nous empêcher de marcher vers notre destin et celui de nos enfants.
Pierre Armand BIKELE
